mercredi 17 décembre 2014

Forçage de citronnier



La production du citronnier est confrontée à un grand problème dû à une baisse de la production estivale qui représente 22% seulement de la production annuelle du citronnier. Cette période représente la période « de pointe » pour le citronnier où la demande du marché est la plus élevée.

Sous climat méditerranéen, les citronniers les plus remontants peuvent présenter jusqu’à quatre époques de floraison successives au cours d’une même année :
en mars, avec le plus souvent des fleurs peu nombreuses qui donneront des citrons dès le mois d’octobre, voire septembre pour les variétés précoces ;
en avril-mai, une floraison souvent abondante à l’origine de la récolte la plus grosse de novembre à fin mai pour une variété classique ;
en juin, une petite floraison à l’origine de citrons qui atteindront leur maturité un an plus tard ;
en août-septembre, à l’origine de fruits récoltés l’été suivant, qui sont connus sous le nom de « Verdelli » en raison de la coloration légèrement verdâtre de leur épiderme.


Sans intervention humaine et sans contrainte externe exceptionnelle, la seconde époque de floraison est généralement la plus intense et donc proportionnellement à l’origine de la majorité des fruits récoltés.

Les producteurs siciliens ont été les premiers à utiliser des techniques particulières de conduite des citronniers pour amplifier l’intensité de certaines vagues de floraison et obtenir ainsi un décalage sensible des dates de récolte.
Cette technique est connue sous le nom de forçage.
Elle ne peut être envisagée avec succès que sur des variétés remontantes. La technique repose sur une bonne gestion de l’alimentation hydrique des citronniers.
Les irrigations sont totalement arrêtées fin printemps début été. Les arbres vont montrer un net début de flétrissement. Début août, une taille et une application de fumure minérale sont pratiquées, suivies d’une reprise partielle des irrigations : demi-doses un rang sur deux. L’ensemble de ces pratiques se traduit par une reprise modérée de la végétation des citronniers, suivie d’une abondante floraison en septembre. De cette floraison de fin d’été seront issus les citrons de l’été suivant : les Verdelli.
Cette technique est traumatisante pour les citronniers, aussi est-il conseillé de ne l’appliquer que sur des arbres en bon état végétatif et de pratiquer un roulement au sein d’une même plantation pour obtenir au moins une rotation sur quatre années.

Une  étude a été menée, par Khelil et al, afin d’essayer de remodeler la répartition des récoltes des citronniers "Euréka" (Citrus limon L.) dans le but d’approvisionner le marché tunisien au printemps et en été, où la demande est la plus élevée, par l’utilisation de l'acide gibbérellique (GA3).

Deux traitements de GA3 à 20 et à 40 ppm ont été effectués en Novembre, période correspondant à la l’induction florale printanière, deux années successive, dans le but d'accentuer la floraison estivale et automnale, et par conséquent obtenir une production au printemps suivant et surtout en été de l’année d’après.

Effet de la gibbérelline sur la floraison : Un retard de la floraison printanière de deux semaines a été constaté des arbres traités par les gibbérellines par rapport aux arbres témoins qui va s’échelonner et donner des fruits à la fin du printemps et au début d’été, sachant que la production finale dépend du taux de nouaison et du développement postérieur du fruit.

Effet de la gibbérelline sur le taux de Nouaison : Une amélioration plus significative a été constaté du taux de nouaison des fleurs estivales (+11%) et des fleurs automnales (+20%) des arbres qui ont reçu les traitements à 40 ppm par rapport aux arbres témoins.

Effet de la gibbérelline sur l’échelonnement des productions saisonnières : Un remodelage de la répartition des récoltes a été réalisé à la 2ème année de traitement aux gibbérellines, par un transfert de la récolte hivernale vers les récoltes printanières et estivales. Cet effet semble être bénéfique pour des pulvérisations prévues pour deux années et les effets ont été plus prononcés pour le traitement à 40 ppm.
L’utilisation de la gibbérelline se montre plus simple, plus efficace et surtout n’a pas des effets n néfaste sur la culture.


En savoirs plus :
Eric Imbert, 2008 : « Le citron » dossier paru dans le revu FRuiTRop N° 157 juin 2008
Khelil et al J. Appl. Biosci. 2013. « Utilisation des gibbérellines de remodelage du cycle fructifère du citronnier ‘Eureka’ » Journal of Applied Biosciences.
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