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mardi 1 janvier 2013

Carence en calcium des agrumes

Généralité :
Rôle du calcium dans la plante :
Le calcium intervient, avec les autres cations (potassium, magnésium) dans la neutralisation des acides organiques et la stabilité des parois cellulaires. Il augmente la résistance des tissus, stimule la croissance des jeunes racines et des bougeons, active la transpiration, neutralise les acides organiques Il participe également aux réactions enzymatiques.
Le calcium représente le tiers environ des éléments minéraux contenus dans le système foliaire des agrumes.
Le calcium dans le sol :
Le calcium contenu dans le sol se retrouve sous les formes suivantes:
  • carbonate de calcium (CaCO3) insoluble.
  • calcium extractible du carbonate de calcium, qui se solubilisera en bicarbonate de calcium sous l'action de l'acide carbonique et d'acides organiques produits par l'activité biologique.
  • de calcium échangeable adsorbé  sur les complexes argilo-humiques.
Les proportions de chacune de ces formes varient selon les sols, le moment de l'année et les processus qui s'y déroulent. Le calcium adsorbé et le calcium soluble constituent le calcium disponible.

En sol neutre ou alcalin, l’alimentation en calcium est pleinement satisfaite. En sols acides, le pH bas favorise les toxicités métalliques et donc des apports de carbonate sont souvent nécessaires pour limiter les effets négatifs liés à un pH trop bas.

Déficience et excès:
L’absence totale du calcium est rare mais une teneur inférieure à 3 ‰ peut provoquer plusieurs problèmes sur les agrumes. Les plus important c’est le desséchement des branches de l’arbre provoquant sa mort et les racines deviennent plus sensibles.
Toutefois, les apports excessifs des engrais potassiques entravent l’absorption du calcium par les racines. Ce phénomène met en évidence l’antagonisme K-Ca. Cet antagonisme se porte en particulier sur le calcium soluble dans l’eau ; c’est au niveau des racines que ce phénomène s’effectue donc.
Feuilles de citron montre des signes de carence en calcium sévère
( photo: Nigel Cattlin)
Les symptômes de déficience en calcium:
  • décomposition lente des matières organiques;
  • racines courtes, épaisses et renflées;
  • brunissement des racines;
  • jeunes feuilles petites et tordues ;
  • chutes des boutons floraux et de fruits noués.
Sous forme active, l'excès de calcaire provoque la chlorose ferrique par inhibition de l'absorption du fer et du manganèse dont le résultat est le jaunissement et à l'extrême la nécrose du feuillage. 

Correction :
Pour qu'un sol assure une alimentation suffisante des plantes en calcium, il doit contenir au moins 3 ‰ de CaO. Dans les sols calcaires, cette teneur est nettement dépassée et l'alimentation calcique est satisfaisante. Dans les sols acides, les amendements calcaires ou calco-magnésiens, qui servent à relever le pH, apportent suffisamment de calcium pour satisfaire les besoins.
L'augmentation du pH du sol d'une unité nécessite un apport d'environ 1,5 t/ha de CaO en sols sableux, 2,5 t/ha en sols limoneux et 4 t/ha en sols argileux. L'apport est à fractionner sur plusieurs années.
L'apport foliaire constitue la meilleure possibilité pratique d'approvisionnement adéquat en calcium. On peut ainsi apporter le nitrate de calcium ou le chlorure de calcium par pulvérisation foliaire en s'assurant que la concentration des solutions utilisées ne dépasse pas 2% pour éviter les dégâts sur feuilles. 



En savoirs plus :
Article ELAlaoui Ali C, 2007 : « fertilisation minérale des cultures »,  Bulletin 156 Transfert de la Technologie en Agriculture.
Institut international de la potasse, 1958. « La nutrition minérale des agrumes ». Berne
Oocities : Le calcium
 Source photo: Visuals Unlimited

jeudi 27 décembre 2012

Carence en bore des agrumes

Généralités :
Rôles du bore dans la plante :
-          le bore facilite le transport du sucre à travers des membranes ;
-          il serait nécessaire aussi à la division normale des cellules ;
-          le bore s’accumule d’ailleurs dans les structures florales, particulièrement dans le pistil ;
-          il favorise la pollinisation et la nouaison ;
-          il favorise l’absorption du calcium ;
-          il intervient aussi dans l’absorption de l’eau par la plante.

Le bore dans le sol :
La teneur totale en bore des sols varie de 2 à 200 ppm. Mais seulement moins de 5 % du bore total qui peut être sous forme assimilable.
Le bore, dans le solution du sol, se trouve surtout sous forme de H3BO3 ou comme B(OH)4. Le bore assimilable est surtout l’acide borique H3BO3.

Déficience :
Les facteurs favorisant l’assimilabilité du bore :
1. matière organique
Le complexe argilo humique favorise l’absorption du bore. Dans les sols riches en matière organique, la quantité en acide borique est plus importante.
2. texture du sol
Les sols à texture légère contiennent en général moins de bore assimilable que les sols lourds.
3. température
La température élevée favorise la déficience en bore.
4. teneur en calcium
Le chaulage est susceptible d’induire une déficience en bore en réduisant son assimilabilité. Les sols calcaires sont fréquemment déficients en bore.
Les symptômes de déficience en bore :
Les symptômes de carences en bore les plus caractéristiques sur agrumes se reconnaissent par la présence de zones de couleur brunâtre dans l’albédo des fruits. Ces derniers sont petits et dures, leur écorce s’épaissie et peut se fissurer alors que la partie charnue risque de présenter des poches gommeuse, les fruits peuvent alors tomber avant maturité affectant par suite le rendement.

Symptômes de carence en bore sur fruits d’agrumes
(source photo)
La carence en bore se manifeste sur les feuilles par un jaunissement du limbe et une subérisation des nervures ainsi les feuilles peuvent se recroqueviller et ensuite tomber.
Une partie des jeunes rameaux dépérit et il y a parfois décollement de l’écorce et exsudation de gomme.

Excès de bore et effets toxiques :
L’excès de bore peu être attribué à la présence de cet élément dans le sol ou dans les eaux d’irrigation. Il peut être aussi produit par l’utilisation d’engrais impurs contenant le bore.
Les troubles causés par excès de bore sont assez fréquents dans les pays ou l’eau d’irrigation contient une proportion relativement importante de cet élément. On considère qu’au dessus de 2 ppm l’eau est inutilisable.
Les symptômes d’excès de bore :
Les feuilles présentent sur le limbe, principalement vers la pointe, puis progressivement sur le reste du limbe, des décolorations jaunâtres. Ensuite il apparaît au niveau des zones décolorées des zones nécrotiques plus ou moins arrondies. Sur la face inférieure se produit des secrétions de gommose. Dans les cas très aigus, l’arbre peut se défolier et dépérir mais on n’observe pas une diminution de la qualité des fruits attaqués.

Correction :
La carence en bore peut être corrigée soit par l'apport au sol ou par pulvérisation foliaire.
Pour apporter remède, on recommande généralement a l’application de 5 à 15 kg de borax par hectare et par an ou bien par pulvérisation foliaires d’acide borique ou de borax à une dose de 100 g pour 100 litres d’eau.



En savoirs plus :
Chapot H. et Delucchi., 1964. « Maladies, troubles et ravageurs des agrumes ». Edition Casablanca
Institut international de la potasse, 1958. « La nutrition minérale des agrumes ». Berne
NOVAGRI : fiche produit  NITO- Bore

mercredi 19 décembre 2012

Carence en magnésium des agrumes

Généralité :
Rôle du magnésium
Le magnésium est très important dans la plupart des fonctions vitales des plantes. La chlorophylle, pigment vert de la plante, est riche en magnésium. Ce dernier participe à la formation et à la mise en réserve des sucres, hydrates de carbone et vitamines.
Le magnésium dans le sol :
La fraction biodisponible du magnésium dans les sols est sous forme du cation Mg++ présent dans la solution du sol ou adsorbé sur la capacité d’échange (CEC) avec le calcium Ca++, le potassium K+ et l’ammonium NH4+.
Idéalement, il faut autant de Mg++ que de K+ sur la CEC afin d’éviter tout antagonisme entre ces deux éléments. Cet équilibre, traduit en masse molaire, correspond à un ratio K2O échangeable/ MgO échangeable voisin de 2.
Le magnésium est plus facilement lessivé que le potassium car il est moins bien retenu par les argiles.
En sols légers la disponibilité du magnésium est limitée du fait du lessivage.
En sols calcaires et particulièrement sur craie, la concurrence des cations Ca++ réduit aussi l’offre du sol en magnésium.

Déficience :
Carence naturelle :            
Sols pauvres en magnésium. Utiliser du sulfate de magnésium en fumure de fond et/ou dans le goutte à goutte.
Carence induite :
-          chaulage excessif et forte proportion de calcaire actif ;
-          pH faible ;
-          irrigation excessive et forte humidité du sol. Drainage insuffisant ;
-          sécheresse ;
-          températures basses ;
-          excès de potasse.
Symptômes de carences :
La carence en magnésium se rencontre généralement dans les terres qui ont subi un grand lessivage, notamment dans les sables côtiers.

Symptômes de carence en magnésium sur agrumes
(photo Mongi Zekri)
Sur les feuilles, le limbe commence à se décolorer par les bords puis par le sommet et devient jaune bronzé ainsi la chlorophylle ne se maintient que sous forme d’un triangle situé à la base du limbe ; ce sont généralement les feuilles âgées qui montrent cette décoloration. La carence en magnésium ne semble pas affecter les fruits mais on estime qu’elle réduit la récolte et occasionne l’alternance.

Correction :
Pour éviter une telle carence, on doit :
-          bien travailler le sol ;
-          éviter les sols lourds et à forte teneur en calcaire actifs ;
-   programme de fertilisation adéquat surtout bien équilibrer le potasse, le calcium et le magnésium.

Les feuilles décolorées ne peuvent pas revenir a l’état initial pour cela il faut pratiquer des traitements préventifs au début. En sol neutre ou acide il faut apporter 2 à 3 kg de sulfate de magnésium par arbre pour éviter le problème de carence, et si le sol est sujet a un lessivage intense il faut utiliser des composés magnésiens en mélange avec les engrais courants ou encore un apport de dolomite.
En terrain calcaire, ces traitements ne donnent pas de résultats donc on doit utiliser les pulvérisations foliaires avec le nitrate de magnésium.



En savoir plus :
Article ELAlaoui Ali C, 2007 : « fertilisation minérale des cultures »,  Bulletin 156 Transfert de la Technologie en Agriculture. 
Article : FERTI- Pratiques : Magnésium de la plante à l’animal 
Chapot H. et Delucchi., 1964. « Maladies, troubles et ravageurs des agrumes ». Edition Casablanca
NOVAGRI : fiche produit  NITO- Magnésium


vendredi 14 décembre 2012

Carence en manganèse des agrumes



Généralité :
Rôle du Mn dans la plante :
Le Mn est un activateur d’enzymes. Il joue un rôle très important dans la synthèse de la chlorophylle, la photosynthèse, la réduction des nitrates et dans la synthèse des protéines.
Le manganèse dans le sol :
Dans les sols, la teneur en Mn totale varie de 20 à 6000 ppm avec une moyenne de 600 ppm. Mn est absorbé sous forme Mn2+.

Facteurs favorisant l’absorption et le transport du Mn:
-          le pH : l’assimilabilité de Mn est plus élevée en sols acides.
A pH élevé, il est nécessaire d’utiliser le manganèse chelaté surtout avec EDTA et DTPA.
-    La matière organique : des teneurs élevées en matières organique peuvent entraîner des déficiences Mn surtout à pH élevé.
-          L’état hydrique du sol :
En sol gorgé d’eau, il y a risque de toxicité Mn élevée.
En stress hydrique, il y a risque de déficience.

Déficience :
La plante montre des symptômes de carence dans les conditions :
-          pH élevé ;
-          Stress hydrique ;
-          Température basse et humidité élevée ;
-          Absorption élevée du Fer ;
Les sols mal drainés risquent de provoquer la toxicité des plantes.
Les symptômes de carence :
Sur agrumes, les symptômes apparaissent d'abord sur les jeunes feuilles et peuvent par la suite se manifester sur les feuilles plus âgées si la carence persiste. Le symptôme le plus typique est la présence de marbrure vert-clair le long des bords des feuilles.
Symptômes de carence en manganèse sur agrumes
(photo Mongi Zekri)
La couleur du fruit peut être plus terne et le plus souvent cette carence ne présente pas une grande gravité et ni la qualité des fruits, ni les rendements ne sont affectés.

Correction :
Plusieurs pratiques sont proposées pour corriger la carence en manganèse:
-          bien travailler le sol
-          programme de fertilisation adéquat ;
-         analyser le sol, l’eau et les feuilles. La teneur en Mn dans les feuilles est de l’ordre de 20 ppm ;
-          irrigation selon les besoins de la plante (Kc. ETP).
La pulvérisation foliaire est le  moyen le plus  efficace et économique pour une lutte curative. On pulvérise une solution de sulfate de manganèse (Mn SO4 3 H2O) contenant 300 g de produit commercial par hectolitre. On préconise trois applications de cette solution à intervalle de deux semaines après la nouaison des fruits. Des pulvérisations avec une suspension de Manèbe (200 à 250 g/hl) peuvent être aussi recommandées.
On classe les engrais à base de manganèse selon leur efficacité décroissante comme suit:
MnSO4 > MnO > MnCO3 > MnO2 > Mn EDTA
La meilleure procédure de correction de la carence en manganèse par l'apport au sol, consiste en un apport du manganèse incorporé avec un engrais acidifiant qui retarde l'oxydation du manganèse (devient insoluble).



En savoir plus :
NOVAGRI : fiche produit  NITO- Manganèse
Article ELAlaoui Ali C, 2007 : « fertilisation minérale des cultures »,  Bulletin 156 Transfert de la Technologie en Agriculture. 
AVFA, 1992. « Les agrumes », brochure de vulgarisation.

dimanche 9 décembre 2012

Carence en zinc des agrumes

Généralité :

Rôle du Zn dans la plante :
Le Zinc, fait partie de la protéine enzymatique. Il joue un rôle dans la synthèse des acides nucléiques, dans le métabolisme des auxines.
Elément indispensable dans le métabolisme de la plante, le zinc est l'activateur de l'enzyme anhydrase carbonique, enzyme essentielle pour l'utilisation de l'acide carbonique.
Le zinc contrôle la synthèse de l'acide indolacétique qui est un régulateur de croissance très important pour la plante, et augmente la résistance des plantes aux maladies fongiques.
Le Zinc dans le sol:
La teneur du zinc dans les sols est de 10 à 300 ppm. Le zinc est lié aux silicules primaires, aux minéraux argileux et à la matière organique.
Le zinc étant caractérisé par une adsorption élevée, il est fortement lié au complexe du sol sous la forme Zn2+, ZnCl ou Zn(OH)+. Sa mobilité et sa concentration sont très faibles
Le pH est considéré le facteur le plus déterminant dans la déficience relative du zinc, notamment lorsque la teneur du zinc dans la solution du sol est faible.
La mobilité du zinc dans la solution du sol diminue avec l'augmentation de pH du sol. Il a été également démontré que l'acidification du milieu rendant le pH de 6,5 à 5,3 augmente l'assimilation de zinc de 50 %.

Déficience :
 Les conditions favorisant la déficience sont :
-          sols pauvres en Znic ;
-          des pH élevés ou des sols fortement chaulés ;
-          une grande richesse des sols en phosphore ;
-          sols pauvres en matière organique ;
-          les printemps froids favorisent la carence en Zinc.
Les symptômes de carence :
Entre les nervures secondaires des feuilles apparaissent des taches jaunâtres dues à la disparition de la chlorophylle ou à l’impossibilité de sa formation, ces taches sont d’importance variable à contours irréguliers et peuvent s’embrasser.
Symptômes de carence en Zinc sur agrumes
(photo Mongi Zekri)
Correction :
Dans la pratique, la carence en zinc est facilement corrigée par pulvérisation foliaire ou par apport au sol. Les apports au sol sont plus efficaces pour la correction de cette déficience et ne peuvent être substitués par la pulvérisation foliaire si la déficience est grave.
Afin de prévenir la carence en zinc on pulvérise une ou deux fois par ans sur les jeunes pousses (février et septembre) une suspension de ZIRAME à raison de 200 à 250 g pour 100 litre d’eau.
Le traitement ne doit pas être effectué au moment de la floraison mais immédiatement avant.
On peut également corrigé cette carence, qui est la principale cause de la stérilité des clémentiniers, par la pulvérisation d’une solution de sulfate de zinc à raison de 700 à 800 litres par hectare.
Cette solution est préparée comme suit :
Zn SO4 7 H2O : 500g
Ca O (chaux vive) : 250g
Pour 100 litres d’eau. Pour améliorer l’adhérence du liquide sur le système foliaire il y a lieu d’ajouter un mouillant du type « adhèsol » (25 cc/hl).




En savoir plus :
NOVAGRI : fiche produit  NITO- Zinc
Article ELAlaoui Ali C, 2007 : « fertilisation minérale des cultures »,  Bulletin 156 Transfert de la Technologie en Agriculture. 
AVFA, 1992. « Les agrumes », brochure de vulgarisation.

vendredi 30 novembre 2012

Carence en fer sur agrumes

Généralité :

Rôle du fer dans la plante :
Le fer intervient d’une manière essentielle dans la respiration, la synthèse de la chlorophylle, la photosynthèse, le métabolisme des protéines, la fixation de l’azote et la réduction des nitrates.

Le fer dans le sol:
Le fer total est très abondant dans les sols, la quantité allant de 200 ppm à plus de 10%. La solubilité du fer dépend beaucoup du pH. Deux facteurs principaux peuvent modifier les relations de solubilité du fer dans les sols :
- Les conditions d’oxydo-réduction :
L’oxydation d’un système chimique est une réaction qui se traduit par une perte d’électron par le système. Fe2 + =========> Fe3 + + e-
La reduction correspond à une captation d’électron.
- Les phénomènes de chélation.
Le fer, absorbé, normalement sous forme d’ion migre avec des molécules qui le complexent pour former un chélate.
Les chélates de fer permet une assimilation du fer bivalent (ou fer ferreux) chélaté direct par les plantes. Le fer ainsi protégé de l’oxydation par le chélate se maintient dans l’aquarium.
Ces molécules peuvent provenir d’excrétions racinaires, de la matière organique, des micro-organismes et/ou de synthèse industrielle.
Il existe plusieurs types de chelate de fer industriel. Les plus intéressant sont :
  • Fer DTPA (couleur verte) soluble à des PH compris entre 1,5 et 7,3 ;
  • Fer EDTA (couleur jaune) reste soluble pour des PH compris entre 1,5 et 6,5 ;
  • Fer EDDHA (couleur rouge foncée) soluble pour des PH compris entre 3 et 10.

Déficience :
Les conditions favorables à la déficience du Fer
a-      La déficience naturelle : les sols pauvres en fer
b-      La déficience induite :
-          calcaire actif élevé ;
-          teneur élevée du sel ou de l’eau d’irrigation en H2 CO;
-          excés d’eau dans le sol ;
-          sols riches en phosphore disponible ;
-          teneurs excessives en métaux lourds (Mn, Zn, Cu) ;
-          excès d’azote ;
-          élévation brusque de température et forte intensité lumineuse.

Les symptômes de déficience en fer :
Carence légère : couleur pâle des feuilles terminales.
Carence typique : couleur jaune et les nervures restent vertes. La chlorose sévère comporte des zones nécrotiques sur les feuilles. 
Symptômes de carence en fer sur agrumes
(photo Mongi Zikri)
Correction :
Plusieurs pratiques sont proposées pour corriger la carence en fer:
-          bien travailler le sol ;
-          programme de fertilisation bien étudier (analyses du sol, de l’eau et foliaires) ;
-          irrigation adéquate (éviter le stress et l’asphyxie).
Par ailleurs, l'apparition de chélates de fer a ouvert une nouvelle voie dans le domaine de la correction de la chlorose ferrique. Ces chélates peuvent être incorporés au sol ou pulvérisés directement sur la plante. Dans le cas de l'application des chélates de fer au sol, il faut tenir compte de l'effet du pH. Si on a un pH alcalin en présence de fortes concentrations de Ca2+ dans le sol, les chélates pourraient devenir insolubles. Dans les sols à pH élevé, les chelates EDDHA sont les plus convenables. Dans les sols acides, le complexe Fe-DPTA est le plus efficace.



En savoir plus :
NOVAGRI : fiche produit  NITO- FER EDTA
Chant de l’eau : Engrais de fer Chélaté lequel choisir ?
Article ELAlaoui Ali C, 2007 : « fertilisation minérale des cultures »,  Bulletin 156 Transfert de la Technologie en Agriculture. 

lundi 18 juin 2012

Pratique des apports d'engrais

1. Avant la plantation :
Une analyse physico-chimique du sol est nécessaire pour connaître sa fertilité. En cas de déficience (généralement le cas pour P2O5 et K2O), on apporte les éléments déficitaires en fumure de fond.
Vu la mauvaise mobilité de ces deux éléments dans le sol, on a intérêt à amener ces derniers (P2O5 et K2O) à la porté des racines. Le moyen le plus simple s’offre avant l’implantation, au moment de défoncement.
Généralement, les sols ont un faible taux de matières organique. Un apport du fumier est nécessaire comme fumure de fond et fumure d’entretien, dans la deuxième cas, il peut être alternée avec la culture d’un engrais vert.
2. Après plantation :
La fertilisation azoté : l’azote est le pivot de la fumure des agrumes, c’est l’élément dont l’insuffisance limite le plus souvent les rendements il entre dans la composition chimique des acides aminés (protéines et enzymes), des acides nucléiques (ADN) et des substances indispensables pour le fonctionnement du végétal comme la chlorophylle…
Etant donnée la très grande mobilité de l’azote dans le sol, il parait intéressant de procéder à des apports fractionnés de cet élément et c’est aux périodes de grande activité végétative que les besoins en azote des agrumes sont importants.
Il est raisonnable de tenir compte des exportations par la récolte et le bois de taille, des pertes par lessivage, volatilisation et dénitrification, de les comparer aux restitutions par l’humus du sol ou les engrais vert enfuis et d’en déduire par différence, les quantités qui doivent être apportées en engrais azoté.
Il faut, en outre, tenir compte de l’appel d’azote nécessaire pour la décomposition de la matière organique apportée en automne par le fumier.
Dans la région da valence (Espagne), les apports annuels de 1200 kg de sulfate d’ammoniac par hectare sont couramment employés. En Californie aussi, on s’approche de ces doses. Dans la pratique il est difficile de déterminer de façon précise les besoins des arbres en azote. On parle donc d’évaluation de ces besoins. Seuls le diagnostic foliaire permet d’ajuster la fumure. Dans les sols légers, il faut faire des majorations des quantités d’azote recommandées pour compenser les pertes. Cette majoration peut atteindre 50 % de la quantité des exportations en azote par les fruits et le bois de taille.
 En raison de la mobilité excessive des nitrates dans le sol et de la différence des besoins selon les périodes d’activité végétative, le fractionnement des apports d’azote doit être établie d’une manière rationnelle.
Le fractionnement dépend à la fois des caractères physico-chimiques du sol et du mode de conduite de l’orangeraie. Plusieurs auteurs adoptent le fractionnement suivant :
-         février - début mars : 50 % de N ;
-         courant mai - début juin : 25 % de N ;
-         août –septembre : 25 % de N.

La fumure des jeunes plantations :
Les doses sont calculées en grammes par arbre et la quantité d’engrais à apporter par hectare dépend donc de la densité de plantation de l’orangeraie.

Fertilisation azotée d’une jeune plantation d’agrumes (gramme /arbre)

Loussert, 1989 b

 On considère en moyenne que la plantation est adulte à 10 ans et qu’elle commence à porter des fruits à la 4 éme année. Après  la 5éme année, les productions en fruits de l’orangeraie augmentent régulièrement. Il convient donc d’ajuster la fumure aux besoins croissants des arbres.
L’azote sous forme nitrique est le plus rapidement utilisé par les racines mais les pluies printanières et les irrigations favorisent son lessivage en profondeur, son action est donc de courte durée.
Par ailleurs, les engrais contenant l’azote sous forme nitrique ont un effet alcalinisant et sont recommandés pour les sols acides.
Les engrais renfermant l’azote sous forme ammoniacale, présentent l’avantage qu’ils sont mieux retenus par le complexe adsorbant du sol. Le risque de leur lessivage est donc diminué et leur action sur la végétation est plus lente mais soutenue. Ce sont en outre des engrais acidifiants employés de préférence en sols alcalins.
La fertilisation phosphopotassique :
Rôle de P et K :
Le phosphore est un élément essentiel pour la physiologie végétale. Il participe à la plupart des réactions indispensables à la vie qui demandent de l’énergie : respiration, synthèse des glucides et des protéines.
C’est un constituant des acides nucléiques, supports de l’heridité. Il entre aussi dans la constitution des phospholipides des membranes cellulaires. Les rôles multiples du phosphore s’exercent particulièrement lors des stades de multiplication cellulaire et la formation des sucres et ses teneurs sont particulièrement élevés dans les fruits et les graines.
Le potassium est le principale constituant minéral des fruits des agrumes, il intervient pour plus de 40 % des cendres. C’est un élément très mobile dans le plante et ses migrations sont particulièrement importantes des tissus âgés vers les tissus plus jeunes. Cela suppose qu’il participe aux processus de prolongation et de division cellulaire.

Le potassium joue un rôle très important en :
-         contrôlant les mécanismes d’ouverture et de fermeture des stomates, ce qui permet une régulation de la transpiration ;
-         régulant le pH cellulaire ;
-         activant de nombreux systèmes enzymatiques, améliorant le taux de fructification chez les agrumes.
Forme assimilable de P et K :
Dans le sol, le phosphore se trouve essentiellement sous forme de :
- Phosphates de calcium sous trois formes : monocalcique (soluble dans l’eau), bicalcique (peu soluble dans l’eau) et tricalcique (insoluble dans l’eau).
- Phosphates d’alumine ou de fer : ils sont insolubles et se forment dans les sols acides.
- Phosphates organiques : intégrés dans les molécules organiques.
- Ions ortho-Phosphates fixés par le complexe adsorbant par l’intermédiaire du calcium.
La plante absorbe le phosphore à partir de la solution du sol essentiellement sous forme d’ions orthophosphate (H2PO4-) et en quantité plus faible sous forme d’ions (HPO42-). Le phosphore peut être très abondant dans le sol, mais une faible proportion reste sous forme assimilable et disponible pour la plante.

Dans le sol, le potassium se trouve sous forme de minéraux potassiques qui sont non assimilables ou sous forme d’ions K+ libres dans la solution du sol ou fixés sur le complexe adsorbant. Il est absorbé par la plante directement sous forme d’ions K+.
Le potassium adsorbé est appelé potassium échangeable  et son importance dépend de la capacité d’échange cationique du sol. Mais il peut également exister sous une forme rétrogradée qui est moins disponible pour les plantes, car retenue par les feuillets d’argile.
Besoin et périodes d’apport :
L’ajustement des apports doit tenir compte de plusieurs élémements dont notament :
-         la richesse initiale du sol en P et K assimilables ;
-         l’âge de la plantation et son niveau de production.
Fertilisation des jeunes plantations
Lorsque l’orangeraie a reçu une fumure de fond, avant la mise en place des arbres, les apports de K et P seront inutiles sur la jeune plantation, et ce jusqu’à la 5 éme année (âge d’entrée en production).
Cependant, lorsque le sol ne présente aucune déficience en P et K, ces éléments seront apportés régulièrement tous les ans, pour restituer au sol la quantité exportée.
Etant donnée qu’ils migrent lentement dans le sol,  le P et le K sont apportés à la fin de l’automne ou en hiver.
Fertilisation des plantations adultes
Le raisonnement de la fertilisation phosphopotassique des plantations adultes est plus délicat. En effet les apports doivent, d’une part, compenser les exportations par les fruits et les bois de taille. D’autre part, ils doivent combler les pertes causées par rétrogradation, précipitation ou par lessivage de K en sols légers.
Pour les orangeraies adultes, la fumure phosphopotassique est apportée à la fin d’automne, début de l’hiver. L’épandage se fait sur toute la surface du verger, et l’enfouissement en profondeur s’effectue à l’aide d’un instrument à disques. Toutefois, en sols légers, il est recommandé de fractionner les apports afin d’éviter le lessivage de K.

Les oligoéléments :
Nécessaires en très faible quantité, les oligoéléments sont indispensables pour la nutrition des citrus. En effet, ce sont des constituants essentiels des enzymes catalyseurs des réactions métaboliques.
La déficience en l’un ou l’autre de ces éléments se répercute sur le feuillage par des décolorations et déformations plus ou moins caractéristiques de l’élément concerné.
Seuils de concentration en oligoéléments dans des feuilles de cycle printanier de 4 - 6 mois issues des pousses non porteuses de fruits.

Source : Malavolta, 1989       
Les principaux carences qui se manifestent le plus souvent sont :
  • Le manganèse, qui est très important pour la photosynthèse, la croissance des racines, la production de sucre et la résistance aux maladies
  • Le zinc, une déficience en zinc se traduit par des arbres rabougris; la taille des feuilles et du tronc est réduite
  • Le fer, qui est indispensable pour les systèmes enzymatiques et pour le transport d'électrons pendant la photosynthèse.

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