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mardi 6 novembre 2012

Spiroplasma citri: Stubborn des agrumes

Description :
S. citri infecte les tubes criblés du phloème de ses plantes-hôtes. Le pathogène reste dans les arbres atteints pendant leur déclin. En pratique, c'est un parasite obligatoire, qui persiste uniquement dans les agrumes ou autres plantes-hôtes, sans phase saprophytique. Il est transmis de manière naturelle par des cicadelles

Dans la zone méditerranéenne, l'un ou l'autre des vecteurs est présent pratiquement partout où des agrumes sont cultivés; ainsi, la disponibilité d'un vecteur ne semble pas être un facteur limitant la dissémination de la maladie stubborn vers de nouveaux sites.

Le développement du spiroplasme est maximal sur agrumes dans des conditions chaudes (28-32°C) et peut ne pas donner de symptômes nettement visibles à de plus basses températures.

La transmission naturelle par les cicadelles ne dissémine S. citri que sur de courtes distances. La dissémination au niveau international se produirait plus probablement par des greffons infectés (même si ceci ne transmet pas le pathogène de manière très sure). Bien qu'il existe une possibilité théorique de transport de vecteurs infectés sur des plants d'agrumes, les insectes concernés sont activement mobiles et ne se nourrissent pas de manière préférentielle sur les agrumes; le risque semble donc minime.

Symptômes :
Les arbres atteints sont plus ou moins rabougris. Les feuilles sont plus courtes et plus larges, bombées, anormalement dressées. Les pousses peuvent être anormalement groupées et le développement de bourgeons axillaires peut entraîner l'apparition de balais de sorcières. La production de fruits tend à être supprimée sur les plantes touchées. Les fruits peuvent être rabougris, dissymétriques ou en forme de cupule, ils peuvent présenter des inversions de couleur.
Rabougrissement de l’arbre
L'affection du stubborn se manifeste également par la floraison à contre saison; la formation de branches et de rameaux broussailleux, feuilles arrondies à la pointe et en cuillère; symptômes surtout concentrés sur la partie sud de l'arbre.
La plupart des variétés d'oranges, de mandariniers et de clémentiniers sont sensibles au stubborn; les citronniers et les bigaradiers sont pratiquement résistants.

Impact économique :
Le stubborn est une grave maladie des agrumes, qui en conditions chaudes et sèches peut fortement réduire la qualité et la quantité de la production. Comme elle est transmise par des vecteurs et non par greffage à la différence de la majorité des autres pathogènes des agrumes, il est plus difficile de la maîtriser par l'utilisation de matériel de plantation sain.

En California (Etats-Unis), les principales plantes-hôtes d'importance économique sont les orangers, les pamplemoussiers et les tangelos, dont on estime que 5 à 10% des arbres sont atteints
Dans la zone méditerranéenne, le stubborn est une maladie très grave dans certains pays, particulièrement en Syrie où le vecteur Neoaliturus haematoceps est commun et où les greffons sains introduits ont été rapidement recontaminés

Son importance dépend sans aucun doute de la présence et de l'abondance des vecteurs. N. haematoceps se rencontre dans toute la zone méditerranéenne, alors que Circulifer tenellus se rencontre principalement dans les parties sud et est. Les vergers d'agrumes récemment plantés sont facilement envahis par les cicadelles venant de cultures environnantes et peuvent subir de graves attaques

Lutte :
La production de greffons sains est le seul moyen de lutte pratique, mais elle doit s'accompagner d'une localisation adéquate des vergers pour éviter autant que possible la rè-contamination au cours des premières années de développement.

Les arbres présentant des symptômes devraient être arrachés et remplacés, pas spécialement en raison du risque qu'ils constituent pour les arbres voisins, mais parce qu'ils ne fructifieront jamais de manière satisfaisante.

Indexation de la maladie :
Plante indicatrice : or Mme Vinous ou or Hamlin
Symptômes observables après 6 mois à 1 ans
- Décoloration typique des feuilles ;
Décoloration typique des feuilles
- Feuilles plus petites avec extrémité apicale pointue
- Limbe recourbé en forme de cuillère
- Feuille à angle d’insertion plus grand que la normale
- Réduction des entre nœuds sur les pousses.
Condition de l’indexation :
Température 30/32 °C humidité relative 80/90 %.


En savoirs plus :
Eppo.int : Spiroplasma citri
Loussert.R, 1989. Techniques agricoles méditerranéennes : les agrumes Vol 1. ESU édition


dimanche 26 août 2012

Tristeza des agrumes: CTV


La Tristeza est la maladie la plus grave affectant les citrus dans le monde entier, on peut même la considérer comme une des affections les plus destructrices de toutes les plantes cultivées. 
Durant le siècle dernier, la maladie a détruit près de 70 millions d’arbres d’agrumes greffés sur bigaradier dans le monde.
En Espagne, 21 millions arbres ont été détruits. La gamme d’hôte du virus de la tristeza est essentiellement limitée au genre Citrus.

Agent causal
Groupe : closterovirus.
Taille : 10*2000 nanomètres
Forme : filament flexieux.
Le matériel génétique : un seul brin d’ARN monocatenaire enveloppé par une capside protéique.
La propagation de la maladie :      
- bois de greffage,
- plusieurs espèces de pucerons.
Pas de transmission par la semence
Virus de la tristeza des agrumes (I.O.C.V, 1980)
Dégâts :
Les symptômes d'affection de tristeza ne sont pas bien spécifiques; ils sont souvent communs ou semblables à beaucoup d'autres maladies. L’action du virus se traduit par : 
1 Éclaircissement des nervuresI aires et II aires des feuilles;
Photo: C.N. ROISTACHER
2 Dépérissement d’un plant greffé sur bigaradier;
Photo: B. LBIDA
3 Dépressions sous forme de cannelures longitudinales sur le tronc des plants;
Photo: B. LBIDA
4 Les arbres prennent un aspect bronzé, suivi d'une défoliation et meurent suite à la destruction des tubes conducteurs;
Photo: B. LBIDA
 5 Réduction de la taille des fruits.


Lutte :
Lutte préventive 
Différentes actions peuvent être suivi pour limiter la contamination par le virus et sa propagation :
  • Renforcement des mesures de quarantaine et vigilance au niveau des postes frontaliers;
  • Contrôle des pépinières de production de plants;
  • Sensibilisation des producteurs de l’importance de la tristeza ;
  • Production de plants certifiés;
  • Surveillance de la dynamique des populations des pucerons vecteurs du CTV;
  • Substitution du bigaradier par un autre porte greffe plus tolérant.
La méthode la plus recommandée pour les agrumiculteurs est l’utilisation de combinaisons greffon/ porte greffe tolérantes ou résistantes. Actuellement plusieurs espèces d’agrumes en particulier les oranges et les mandarines combinés avec des porte-greffes : Citrange Troyer, Poncirus trifoliata, la mandarine Cléopâtre, Citrus volkameriana, Citrus macrophylla, la lime Rangpur et le Rough lemon ont largement éprouvés leurs tolérance à la Tristeza.

Lutte curative
Sur les arbres atteints, on peut pratiquer : 
  • Le surgreffage en « sandwich » d’espèces tolérantes : il consiste à sugreffer l’arbre atteint, avant que celui-là présente des symptômes très marqués de la maladie et avant destruction importante du système racinaire, avec une espèce tolérante. Exemple du citronnier sur des orangers greffés sur bigaradier. 
  • Le remplacement progressif du porte-greffe par la greffe en pont : méthode qui consiste à planter autour du porte-greffe sensible, de 1 à 4 porte-greffes résistants ou tolérants. Après avoir acquis une vigueur suffisante, on insère leurs sommets, après pincement, au-dessus du point de greffage de l’arbre, entre bois et écorce, de façon á supplanter l’ancien porte-greffe.

En savoir plus :
Article ONSSA : «  la tristeza est une maladie qui menace le patrimoine agrumicole au Maroc » 
Blog l’agriculture 

 

jeudi 16 août 2012

Citrivir psorosis : Psorose des agrumes


La Psorose (Citrus psorosis virus) est une maladie à virus largement répondue. Quatre formes différentes de psorose sont connues:

Psorose écailleuse (Citrivir psorosis var.vulgare Faw)
Cette forme est la plus fréquente. Elle se manifeste par la formation d'écailles ou desquamations sur tronc ou sur les branches charpentières. La couche superficielle de l'écorce se nécrose et se boursoufle progressivement puis tombe en partie, laissant la région verte de l'écorce non affectée. Mais l'écaillement s'étend et s'aggrave de plus en plus, atteignant le tronc ou les branches tout autour, ce qui paralyse la circulation de la sève et entraîne ainsi le dépérissement rapide avec, à la limite, la mort de l'arbre.
La psorose écailleuse est celle qui provoque le plus de dégâts et cause le plus de soucis aux agrumiculteurs.
La Psorose écailleuse affecte essentiellement les orangers, les mandariniers, les clémentiniers et les pomelos ; les citronniers ne sont pas touchés.
Symptômes de la psorose sur des braches montrant des écailles
(University of Arizona, 2001)
Psorose alvéolaire (Citrivir psorosis var.concavum Faw)
Elle se manifeste notamment par la formation sur tronc et les branches de dépressions et de concavités allongées peu profondes, orientées longitudinalement dans la plupart des cas. L'écorce se crevasse uniquement à l'intérieur et surtout au fond des dépressions où des traces de gomme sont observées.

Psorose en poche (Citrivir psorosis var. alveatum Faw)
Ce type de psorose provoque sur le tronc des dépressions caractérisées par des invaginations (en forme de poche) beaucoup plus profondes et plus étroites que dans le cas de la psorose alvéolaire.
Le fond de ces dépressions est en contact direct avec le bois d'où sort parfois la gomme. Le tronc prend souvent des formes curieuses et peut même subir des déformations considérables. Des symptômes de décoloration sur les feuilles peuvent apparaître.

Panachure infectieuse et frisolée (Citrivir psorosis var. rugosum Faw)
Ces deux formes de porose affectent surtout les feuilles. Elle ses manifestent par des déformations diverses des feuilles. Ces dernières se courbent, deviennent gaufrées, tordues, rétrécies, panachées; toutes ces manifestations sont surtout localisées vers la pointe de la feuilles. Certaines feuilles sont également plus étroites et filiformes. Le mélange de ces deux formes de porose sur le même arbre est tout à fait possible.

Transmission :
Toutes les formes de Psorose qui viennent d’être mentionnées se transmettent par les diverses méthodes de greffage. La transmission par des outils de taille (sécateurs, scie, etc.) n’a jamais été démontrée. De même, les façons culturales (blessures, labours, etc.) ne transmettent pas le virus. 

Ce virus est également transmis par un champignon des racines qui est l’Olpidium brassicae. La transmission par pépins est possible, mais reste négligeable. 
Symptômes :
La psorose est souvent une maladie latente sur la plupart des espèces des agrumes.
Dans le cas de vergers atteints de psorose écailleuse les dégâts apparaissent généralement après l’age de 10 ans.
En plus de l’écaillement les autres symptômes de la maladie sont : le brunissement du bois, un dépérissement progressif de la plante jusqu’à la mort.
Il est possible de déterminer la présence des Psoroses avant que ne se manifestent les premiers symptômes sur écorce. Au printemps, on observe les jeunes feuilles à contre jour. Leur limbe présente une décoloration caractéristique de part et d’autre de la nervure centrale, une décoloration qui prend l’aspect d’une feuille de chêne.
Symptômes de la psorose sur des braches montrant des écailles
(Tahiri et Bekki, 2007))
Lutte :
A l'aide d'une brosse métallique, il faudra nettoyer la partie du tronc ou des branches atteintes par les desquamations; ce grattage se poursuivra jusqu'à la partie vivante de l'écorce. La zone ainsi nettoyée sera badigeonnée par un désinfectant à l'aide d'un pinceau.
L'utilisation de greffons indemnes de virus est actuellement la seule et la meilleure méthode préventive de lutte contre la psorose. Les plantations issues de greffons indemnes de psorose sont en principe à l'abri de toute contamination. Il est également nécessaire  d'arracher les arbres atteints de psorose dès que leur rendement commence à baisser sensiblement. Ces arbres seront remplacés par des jeunes plants indemnes de virus.
 
Il n’existe pas de variétés ou espèces (greffons) résistants non plus de porte-greffes résistants à la Psorose mais tolérants comme : Citrus volkameriana et Citrus macrophylla. 




En savoir plus :
Document technique CIBA-GEIGY : « La protection phytosanitaire des agrumes » Bâle, suisse


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