Affichage des articles dont le libellé est Ravageurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ravageurs. Afficher tous les articles

mercredi 8 août 2012

Icerya purchasi: Cochenille australienne


Originaire d'Australie (d’où son nom), cette espèce est appelée encore la "cochenille flûtée" à cause de son aspect caractéristique. Introduite depuis le début de ce siècle, elle s'est rapidement installée dans tous les pays méditerranéens.

Description :
La cochenille australienne appartient à la famille des Margrodiadae.
Les adultes : Les femelles sont rouge-brique (hémolymphe visible par transparence). Elles possèdent 2 paires de stigmates abdominaux. Les antennes brun foncée ont 11 articles et les pattes sont brun foncé à noir. Le corps, ovale, est caréné avec des saillies dorsales médianes thoraciques et couvert d'une sécrétion cireuse de couleur noisette et de cire blanche. Il est orné, latéralement, de minces filaments cireux.
Les mâles, 3 mm de long et de couleur jaunâtre, possèdent des antennes, un mésothorax et des pattes de couleur brune. Contrairement aux femelles ils sont ailés (1 paire d'ailes gris fumé).
Cochenille australienne avec ovisac
Les larves : Les jeunes larves sont rouges, de forme ovalaire et aplatie (0,5 mm de long), avec des antennes de 6 articles et 6 longues soies postérieures.
En vieillissant les larves se couvrent d'un revêtement cireux blanc. Elles sécrètent des tubes cireux anaux, longs et fragiles, qui déportent les gouttes de miellat rejetées par l'anus.
Les œufs : Les œufs sont rougeâtres et ovalaires.
Dès le mois de février les femelles pondent (400-800 œufs par femelle). L'espèce est hermaphrodite ; les oeufs fécondés donnent des femelles et les oeufs non fécondés des mâles. Les mâles, peu nombreux, n'ont qu'un rôle minime (voire nul) dans la reproduction.
2 à 3 générations peuvent se succéder dans l'année. L'espèce passe l'hiver principalement au stade L3.

Dégâts :
La cochenille australienne est très polyphage; elle est devenue surtout un ravageur des agrumes.
La cochenille australiennes s'installe principalement sur les rameaux, sur les branches et le tronc où elle forme des colonies blanches importantes, entassées, surtout à la face abritée. Elle sécrète également un abondant miellat qui favorise un développement massif de fumagine.
En l'absence de lutte, ces dégâts compromettent la production et peuvent entraîner la mort des arbres notamment pour les agrumes.


Lutte :

Lutte Chimique : La lutte chimique n'est pas recommandée étant donné son impact néfaste sur les populations d'insectes auxiliaires.
Lutte biologique : Une lutte biologique est possible à l'aide d'une coccinelle prédatrice spécifique de cette cochenille : Rodolia cardinalis. Les femelles adultes pondent leurs œufs sous la cochenille ou attachés à l'ovisac. Les larves jeunes mangent les œufs d'Icerya purchasi tandis que les larves matures et les adultes attaquent tous les stades de la cochenille.
Rodolia (Novius) cardinalis sur cochenille australienne
Cliché A. et J.-C. Malausa
 
En savoir plus :
Article INPV  2012 “cochenilles des agrumes”
Document technique CIBA-GEIGY : « La protection phytosanitaire des agrumes » Bâle, suisse


mercredi 1 août 2012

Trioza erytreae: Psylle des agrumes


Originaire d'Afrique ce psylle est aussi présent au Portugal (Madère), en Arabie Saoudite et au Yémen, aux Iles Canarie.
Ce psylle est inféodé à la famille des Rutaceae, notamment le genre Citrus (préférentiellement sur les citronniers et limettiers).

Description :
Les adultes: Les adultes, ailés, sont à l'émergence vert pâle avec des yeux noirs puis passent au brun clair. Les mâles (2.17mm) sont un peu plus petits que les femelles (2.24mm) avec l'extrémité de l'abdomen émoussée tandis que l'extrémité abdominale des femelles est effilée. Lors des prises alimentaires, les adultes soulèvent leur abdomen de 35° environ par rapport à la surface du végétal.
Différente stade de vie de psylle africain
Les larves: Les larves sont compressées dorso-ventralement et vont du jaune orangé au gris foncé en pas par le vert olive avec des yeux rouges. Il y a 5 stades larvaires. Au 5ème stade, 2 taches brun clair apparaissent sur l'abdomen. Leur corps est complètement entouré d'une frange de soies cireuses blanches.
Les femelles pondent à la marge des jeunes feuilles, sur les pousses à croissance active mais aussi au niveau de la nervure principale et sur la face supérieure des feuilles lorsque les populations sont importantes. Chaque femelle pond en moyenne peu plus de 800 œufs. Une faible hygrométrie et des fortes températures sont des facteurs limitant pour le développement des œufs et des premiers stades larvaires. Les adultes vivent entre 17 et 50 jours. 
Psylle africain et larve, Trioza erytreae
(Zemzami M.-Domaines Agricoles, Dpt R&D, UCP-Maâmora, Salé)
Peu de temps après leur éclosion, les larves se fixent en divers points de la face inférieure des jeunes feuilles et sucent la sève. En ces endroits se forment progressivement de petites cavités de 2 mm, au fond desquelles sont nichées les larves.

Dégâts :
Les feuilles attaquées sont fortement déformées avec présence de galles. Les feuilles infestées présentent souvent des taches chlorotiques au niveau des points d'alimentation des larves. 
Dégâts causés aux jeunes feuilles d'un agrume 
par le psylle, Trioza erytreae
De plus ce psylle, qui peut transmettre une bactérie endocellulaire responsable du greening, est le vecteur naturel de la forme africaine du greening mais il a été montré expérimentalement qu'il pouvait aussi être vecteur de la forme asiatique.

Lutte :
Lutte biologique : Au Cameroun, Le parasitisme du psylle a été étudié sur des bourgeons d'agrumes parasités. Les larves momifiées du psylle ont été collectées, dans un verger de la région de Yaoundé, sur des agrumes isolés et sur une rutacée endémique, Clausena anisata.
Le parasitisme global a été de 15 % environ. L'inventaire des espèces d'hyménoptères parasitoïdes de T. erytreae a montré la présence de parasitoïdes primaires: Psyllaephagus pulvinatus (36,3 %). La faune des parasitoïdes de T. erytreae est aussi riche au Cameroun qu'en Afrique du Sud.
Lutte chimique : Les pulvérisations à base de diméthoate (300 à 400 g m.a./ha) permettent de lutter efficacement contre le psylle qui infeste essentiellement les jeunes pousses. Un délai d'attente de 15 jours doit être respecté entre le dernier traitement et la récolte, 



En savoir plus :
greenstone.org : maladies des agrumes
Article LEBEL TAMESSE Joseph et Cie « Complexe des parasitoïdes de Trioza erytreae »


vendredi 27 juillet 2012

Diaphorina citri: Psylle des agrumes

Diaphorina citri est originaire d'Asie du Sud. L'espèce est largement répandue en Asie tropicale et subtropicale. On la retrouve en Afrique (Maurice, Réunion), en Amérique centrale, aux Caraïbes, ainsi qu'en Amérique du Sud (Brésil en 1942, Paraguay, Uruguay) et en Amérique du Nord (Floride en 2000 et Texas). Au Texas, le ravageur a été introduit accidentellement via l'importation de conteneurs de Murraya. Pour le moment l'espèce n'a pas encore été détectée en Europe et Australie. Les facteurs climatiques limitent sans doute sa progression.


D. citris se développe uniquement sur la famille des Rutaceae (agrumes) comprenant entre autre les genres Citrus ou Murraya (M. paniculata) utilisés en ornement, haies ou en tant que fruitiers. En Europe, ces espèces sont confinées aux pays Méditerranéens.


Description :
D. citri possède un cycle biologique court et une fécondité élevée. Les œufs sont pondus individuellement de mars à mai à l'intérieur des feuilles juvéniles, à l'aisselle des feuilles ou sur les autres parties tendres de la plante. Les femelles peuvent pondre jusqu'à 800 œufs en deux mois. L'éclosion à lieu en 3-23 jours (en été et en hiver respectivement). Ensuite, cinq stades larvaires se succèdent pendant 11-30 jours. Il peut y avoir jusqu'à 10 générations qui se chevauchent en une année. La posture alimentaire est caractéristique: le corps forme alors un angle de 30° par rapport à la surface de la feuille.

Oeuf : de couleur orangée et en forme d'amande; 0,01 à 0,15 mm. 

Différentes stade de vie de psylle asiatique
 Larve : mesure 0,25 mm à 1,7 mm de long au cinquième stade larvaire (le dernier stade) de couleur Jaune-clair à marron-foncé, les larves présentent de fins filaments autour du corps.
Adulte : 2,5 mm en longueur, corps marron-jaunâtre, pattes marron-grisâtre. Ailes transparentes avec des taches blanches ou marron-clair avec une large bande beige longitudinale dans la partie centrale.

Dégâts :
D.citri est un insecte piqueur-suceur affectionne les jeunes pousses. Les dégâts sont le retrait de larges quantités de sève lors des piqûres, l'excrétion de miellat favorisant l'installation de la fumagine qui perturbera la croissance de la plante ainsi que la transmission de l'agent du greening des agrumes. Les piqures entrainent la déformation des jeunes feuilles (courbement). Les feuilles atteintes tombent prématurément. 
Diaphorina citri adulte
D. citri peut devenir infectieux à partir des 4 ème et 5 ème stades larvaires. Les plantes atteintes voient leur croissance ralentie et leur floraison diminuée. Les fruits sur les arbres atteints sont petits, sous-développés, inégalement colorés, durs et peu juteux.

Lutte :
Biologique : Il existe un certain nombre d'ennemis naturels de D. citri. Tamarixia radiata (originaire d'Inde) est un parasitoïde spécifique de D. citri qui s'avère efficace dans la régulation des populations en lutte biologique. Des lâchés à raison de 30 à 50 adultes par km² de zone agrumicole seraient efficaces.
Cultural : Afin d'éviter toute contamination, il est essentiel de préserver les zones saines en interdisant toutes importations d'agrumes (greffons, arbres greffés, plantules de porte greffe) en provenance des zones contaminées par le greening ou le psylle asiatique.
Chimique : il est nécessaire d’avoir une stratégie pour l’élimination de ravageur par des produits homologués sur psylle en cas de présence de se dernier.



En savoir plus :
Article Bernard Aubert : « Nouvelle menace sur les agrumes de Méditerranée » FRuiTRoP N°168 Juin 2009
 

samedi 14 juillet 2012

Scirtothrips citri: Thrips des agrumes

Description :
Les thrips des agrumes sont de petits insectes jaune-orange avec des ailes frangées. Les femelles mesurent de 0,6 à 0,88 mm. Les mâles sont semblables en apparence, mais un peu plus court et plus étroit. Dans des conditions chaudes, le thrips des agrumes peut vivre aussi longtemps que 25 à 35 jours, ou plus dans des conditions fraîches.
Thrips de agrumes adulte
Les œufs (0,2 mm) sont pondus sous la cuticule des nouvelles feuilles, les tiges et les fruits. Une femelle peut pondre jusqu'à 250 œufs. L’éclosion se fait dans 6 à 8 jours durant la saison chaude.
Il y a deux stades larvaires actifs nécessitant 4 à 14 jours pour le développement. D'abord les larves se nourrissent activement sur les feuilles tendres et les fruits, en particulier sous les sépales de jeunes fruits. Les troisième et quatrième stades sont des étapes de nymphose et ne se nourrissent pas. Ils complètent leur développement sur ​​le terrain dans la litière sous l'arbre ou dans les crevasses de l'arbre. 8 à 12 générations peuvent se succéder durant l’année. 
Deuxième stade larvaire
Dégâts :
Les thrips des agrumes ont une gamme d'hôtes très large. Il est l'insecte ravageur le plus dommageable économiquement sur agrumes en Arizona. Sur les fruits, les piqûres des cellules épidermiques deviennent des cicatrices grisâtres ou argentées sur la croûte. Les larves du  deuxième stade larvaire sont les plus dommageables car ils se nourrissent principalement sous les sépales de jeunes fruits.
Dégâts de thrips sur orange
Ces piqûres vont diminuer la qualité des fruits et si l’attaque est  sévère, elle peut rendre les fruits impropres à la consommation en frais.

Surveillance :
La surveillance de thrips des agrumes commence au début de la floraison, mais devient critique à la chute des pétales (chute des fleurs de 90%). L'échantillonnage devrait se poursuivre jusqu'à 70 à 90% du fruit atteindre une taille minimale de 1 pouce de diamètre. Une fois le fruit atteint cette taille, il n'est plus sensible aux attaques.
Vingt à cinquante échantillons peuvent être prélevés  pour obtenir une estimation adéquate de la population de thrips des agrumes. Les traitements doivent être appliqués lorsque 10% ou plus du fruit sont infestés.

Lutte
Culturale: Il n'y a pas de techniques spécifiques de contrôle culturelles utilisées pour thrips des agrumes.

Biologique: Un certain nombre d’ennemis naturels attaquent le thrips des agrumes, y compris les acariens prédateurs, les araignées, les chrysopes, punaises, etc. Cependant, au cours de la plupart des années, les densités de thrips des agrumes sont trop élevés pour être maîtrisé de façon adéquate avec les ennemis naturels, ce qui rend l'utilisation d'insecticides inévitable.

Chimique: Les populations de thrips ont tendance à augmenter après les traitements avec des insecticides qui tuent les acariens prédateurs. Le thrips des agrumes développe rapidement une résistance aux produits chimiques qui sont utilisés de façon répétée son contrôle. Avec le nombre limité des pesticides disponibles pour le contrôle des thrips des agrumes, les producteurs doivent surveiller les niveaux de thrips des agrumes avec soin pour éviter des traitements inutiles et devraient éviter les applications séquentielles des insecticides identiques ou similaires.


En savoirs plus :
Citrus thrips: article d'origine anglais.

mardi 10 juillet 2012

Prays citri Millière : Teigne du citronnier


Description :
C'est un micro lépidoptère du groupe des "teignes", Bien que Prays citri soit très largement répandu en région méditerranéenne, il semble que cette espèce ait été introduite d’Asie tropicale sa région d’origine.

Adulte : 10 à 12 mm d'envergure, de couleur gris terne. Antennes relativement courtes. Ailes fortement frangées. Les ailes antérieures sont gris brunâtre chagriné, plus sombres sur le bord inférieur et à l'apex ; les ailes postérieures sont très étroites, gris brun uniforme et enfumées vers l'extrémité.
      Papillon sur jeune citron vert
     (Source : CABI, CPC, 2001)
 Oeuf : ovalaire, légèrement convexe, 0,15 x 0,2 mm, il est opalescent avec un chorion finement réticulé.
Larve : décolorée et de très petite taille à l'éclosion de l'oeuf, elle mesure 6,5 om de long sur 1,8 mm de large en fin de croissance. Corps de couleur claire, brunâtre ou blanchâtre avec la tête et la plaque thoracique plus foncées.
Chrysalide : dans un cocon très lâche, blanc et effilé.
Chrysalide à la base d’un citron vert
(Source : CABI, CPC, 2001)
 La femelle pond 1 à 3 oeufs sur un bouton floral puis change de bouton. Fécondité totale observée : 60 à 150 oeufs. 10 à 12 générations sont rencontrées par année. Les plus économiquement dommageables sont celles survenant au printemps.

Dégâts :
Les attaques sont surtout importantes sur citronnier. Sur cette culture, les dommages s'élèvent quelques fois à 90 % des organes fructifères détruits. Les citronniers de "quatre saison", avec deux longues périodes de floraison sont les plus touchés.
L'insecte attaque directement les fleurs; les chenilles rongeant les organes floraux se nourrit des étamines, des pistils et des ovaires à l'intérieur du bouton qu'elle détruit complètement.
Dégâts et chenille sur jeune citron vert
(Source : CABI, CPC, 2001)
Dégâts sur fleurs
(Source : CABI, CPC, 2001)
 Une chenille peut ainsi détruire plusieurs fleurs. Les débris des fleurs détruites et desséchées, retenus par le nombreux fils de soie tissées par les chenilles, restent suspendus sur les rameaux. En cas de fortes pullulations, la future production est pratiquement compromise; dans ces conditions, l'insecte s'attaque même aux jeunes feuilles, aux bourgeons terminaux des jeunes rameaux, ainsi qu'aux fruits verts sur lesquels il provoque la sécrétion gommeuse.

Lutte :

La lutte culturale
La technique de stress hydrique est considérée comme une opération importante de la lutte contre la teigne dans les agro-écosystèmes à base de citronniers (Mineo, 1993). En Sicile, dans les vergers soumis à cette opération, le niveau total d’infestation sur bourgeons, fleurs et très jeunes fruits est resté en dessous du seuil économique de nuisibilité. A l’inverse, dans les vergers irrigués, le niveau total d’infestation enregistré dépasse facilement le seuil (CABI, 2001).
Le choix au préalable des cultivars peut aussi diminuer l’effet de prays citri. Les attaques sont moins importantes sur les cultivars à floraison en bouquets "lâches". Selon Ibrahim et Shahateth (1984) on peut classer ainsi les espèces d’agrumes, par ordre décroissant de sensibilité : lime, citronnier, oranger, mandarinier et pamplemoussier.

La lutte chimique
Dans les plantations de citronniers des régions côtières, la lutte insecticide contre Prys citri est indispensable. L'époque le plus important pour l'application des insecticides contre ce ravageur se situe au printemps, en mars avril, c'est-à-dire juste avant l'ouverture des boutons floraux, qui correspond à la sortie massive des papillons de Prays citri. Une deuxième application peut s'avérer nécessaire en cas de fortes infestations du ravageur.
Les pulvérisations doivent être abondantes, à pression moyenne. Il est important que tous les boutons floraux soient bien mouillés.
La lutte par piégeage phéromonal de masse a donnée des bons résultats (Sternlicht et al, 1990).

La lutte biologique
Les lâchers inondatifs de Trichogamma cacoeciae montrent une grande activité de parasitisme réduisant la densité des oeufs du ravageur et le rythme de son développement larvaire.
Cependant, Il faut multiplier les lâchers et les points de lâchers par unité de surface en vue d’augmenter la population des trichogrammes sur champs (Lebdi Kaouthar, 2011).

L’utilisation de bio-pesticides à base de Bacillus thuringiensis ou parfois de Beauveria bassiana peuvent réduire les infestations de 70 à plus de 90 % (Shetata & Nasr, 1998). La suspension de Melia azedarach et le spinosade sont assez efficaces pour réduire les populations, avec une persistance d’action de 15 jours (Lebdi Kaouthar, 2011).




En savoir plus :
Quilici. S, 2003 :   Analyse du Risque Phytosanitaire Prays citri.  CIRAD – Août 3003
CIBA-GEIGY SA : La protection phytosanitaire des agrumes. Bâle, suisse






samedi 7 juillet 2012

Ceratitis capitata: Mouche méditerranéenne des fruits

La cératite ou "mouche méditerranéenne des fruits"  est vraisemblablement origionaire de l'Afrique Occidentale, plus précisément de la zone de l'arganier (Agarnia spinosa) du sud marocain; elle est actuellement répartie dans presque tous les pays subtropicaux et tropicaux du globe. L'espèce est particulièrement bien installée dans le bassin méditerranéen.

Description
- Adulte: petite mouche très colorée: yeux verts; thorax gris cendré, orné de taches noires; ailes transparentes avec taches orangées et foncées; abdomen brun clair, cerclé de gris. Chez la femelle, l'abdomen se prolonge en tarière pointue. L'adulte mesure 5 à 7 mm environ: les mâles sont plus petits.

- Œuf: blanc allongé subcylindrique, en forme de banane, 1 mm de long.
- Larve: apode, appelée "asticot", légèrement tronconique, blanc- clair, 7 à 8 mm de long, avec deux forts crochets buccaux noirâtres.
- Chrysalide: pupe en forme de tonnelet, de couleur brune, 5 à 6 mm de long.    
Avant de s'attaquer aux agrumes, la cératite évolue sur différentes espèces qui fructifient successivement: néflier, abricotier, pêcher, poirier, figuier, etc.

Quatre à cinq générations peuvent se succéder annuellement. Dans les conditions optimales, le cycle évolutif d'une génération dure 3 à 4 semaines. Le développement de l'insecte n'est possible qu'à partir de 14 °C; sa biologie est étroitement liée à la présence de fruits. La femelle, à l'aide de sa tarière (oviscapte), pond dans la pulpe; elle peut déposer ainsi entre 300 et 500 œufs répartis en plusieurs pontes successives. La larve se développe rapidement dans la pulpe de fruit, passant pars trois stades. La larve adulte quitte le fruit et descend dans le sol pour se nymphoser.
Cycle biologique de la mouche méditerranéenne des fruits.
(Photos : Dr. Knapp)
 Dégâts
Cératite capitata est très polyphages. Elle représente l'un des plus graves problèmes pour l'agrumiculture: les dommages causées par la cératite constituent le principale obstacle à la production des fruits sains et à leur exportation.
Les pertes annuelles sont variables; en cas d'absence ou de mauvaise conduite des traitements insecticides, les dégâts s'élèvent facilement à 10 – 20 % ou plus. Deux sortent de dommages résultent de l'attaque de la cératite:
- Dommages provoqués par des piqûres de femelle; ils donnent un mauvais état de présentation aux fruits d'agrumes, qui sont automatiquement rejetés à l'exportation. En outre, les fruits piqués tournent plus rapidement (maturité apparente) et peuvent tomber précocement;
Piqûre du femelle de cératite sur fruits d’agrumes
Photo J.Barthes (INRA)
  - Dommages provoqués par des larves; ils entraînent la pourriture des fruits; les fruits véreux sont totalement perdus.
Lutte
La cératite est le ravageur qui demande le plus d'observation et de surveillance. Plusieurs méthodes de lutte ont été appliqué pour la lutte contre la cératite dont on cite : la lutte chimique, la lutte biologique, la lutte cultural, la technique d’insecte stérile, le piégeage en masse, l’irradiation et la traitement à froid… Le recours à la lutte intégré est nécessaire d’une part, pour améliorer l’efficacité de l’intervention d’autre part, pour préserver les auxiliaires et respecter l’environnement.  
Dans cet article, seul les 3 techniques de lutte les plus efficaces vont être traité : la lutte chimique, la technique d’insecte stérile et le piégeage en masse.

a. Surveillance
Avant la réceptivité des fruits, les pièges sont suspendus aux arbres à une hauteur de 1,5 à 2 mètres à l’exposition sud-est. Les pièges utilisés sont de type Maghreb- Med, contenant l’attractif et l’insecticide, à raison de 1 à 2 piège par hectare. L’attractif doit être changé une fois par mois ou tous les deux mois tandis que l’insecticide  tous les deux mois. Toutefois, au moment de la surveillance, il faut attacher une importance particulière au contrôle des fruits.

La surveillance consiste en l’observation de 5 fruits par arbre. La présence de piqûre de la mouche indique que le fruit est considéré comme étant infesté.

b. Lutte chimique :

Dans la lutte chimique classique, l’intervention, durant la période de sensibilité de fruit, est justifiée dans l’une des situations suivantes:
n Le nombre de mouches est au-delà de 3 mouches par piège et par jour,
n Le pourcentage de fruits présentant des piqûres de mouches est supérieur à 1%.
A noter que ces seuils peuvent varier en fonction de la région, de la variété, de l’état de maturité du fruit et de la charge de l’arbre.
La cératite ayant besoin de liquide sucré pour la formation de ses œufs, l'adjonction d'un attractif sucré à l'insecticide, permet de mieux détruire le ravageur.
L'utilisation d'un attractif  permet de pratiquer la technique de l'épandage partiel dit "par bandes": traitement d'une rangé d'arbre sur trois ou quatre, toujours la même. Les pulvérisations à grosses gouttes plus attractives, sont préférer. Les traitements à bas volume (1.5 à 2 litres/ha, par voie aérienne, le plus souvent en traitement intégral) sont de plus en plus utilisés dans les pays méditerranéens.
Les conséquences négatives sur l’environnement et les consommateurs imposent le recours à des nouvelles méthodes de lutte.

c. Piégeage en masse :
Le principe de la piégeage en masse de la cératite est simple, les insectes sont attirés par des substances alimentaires dans les piéges, où ils ne peuvent plus sortir, en mourant finalement à l’intérieur par l’effet d’un insecticide qui se place à l’intérieur.
- L’insecticide  est placé à l’intérieur du couvercle du piège. Il agit par contact avec une persistance de 120 jours.
- Il est conseillé de placer les pièges entre 30 et 40 jours avant la récolte, c'est-à-dire, avant le changement de couleur des fruits.
- La densité des pièges au champ dépend de la culture à traiter et des cultures voisines. En général, la densité est de 40-50 pièges par hectare.
- Les pièges sont placés aux arbres une fois par saison, à une hauteur de 1.5 à 2  mètres du sol, dans la face ensoleillé.
d. La technique des insectes stériles :
La Technique de l’Insecte Stérile (TIS) est une technique biologique qui permet la suppression ou l’éradication des insectes ravageurs. Les insectes pupes, une fois exposés aux radiations ionisantes, deviennent sexuellement stériles à cause de l’introduction des mutations dominantes au niveau du sperme. Quand les mâles stériles sont lâchés dans la nature et s’accouplent avec les femelles sauvages fertiles, les œufs produits ne se développent pas à cause de l’altération génétique du sperme. Par conséquent, lorsque le taux de croissance naturelle est surpassé, la population est réduite. Ce concept a été développé dans les années cinquante aux Etats-Unis.
La TIS est l’une des principales composantes de la lutte intégrée. Elle aide à contrôler la mouche méditerranéenne des fruits et à la maintenir à des niveaux économiquement tolérables.


En savoir plus :
Pace Consultants.de : Protection intégrée des agrumes
« Protection phytosanitaire des agrumes »
CNSTN : Production des mâles stériles de la Cératite
LastFly Ceratitis : piégeage massif de la cératite



vendredi 29 juin 2012

Phyllocnistis citrella: Mineuse des agrumes

Description :
Ce ravageur originaire d'Asie du Sud Est s'est développé en Floride (1993) puis en Amérique Centrale (1994) ainsi que dans le Bassin méditerranéen : Espagne (1993), Portugal, Maghreb, Turquie, Palestine, Italie, Corse (1994).

L’adulte est un papillon de 4 à 6 mm d'envergure de couleur blanc argenté. Les ailes antérieures portent des bandes sombres et une tache circulaire noire à leurs extrémités.
La ponte a lieu sélectivement sur les jeunes feuilles issues de nouvelles pousses, souvent à proximité de la nervure principale.

Adulte de Phyllocnistis citrella sur une feuille d’agrume
(Sylvie Cazères).
 L'oeuf est déposé soit isolément, soit par groupe de 2 ou 3 éléments juxtaposés, sur l'une ou l'autre face de la feuille. Des pontes peuvent également être observées sur jeunes rameaux.
La chenille est aplatie, allongée et de couleur jaunâtre à tous les stades de son développement, elles passe par 4 stades puis se chrysalide.

La chrysalide est de couleur brun-jaunâtre et porte des yeux. Généralement sur le bord de la feuille qu'elle replie en étui. Elle tisse alors dans cet étui un cocon nymphal. Dans les pousses, elle se chrysalide directement dans les galeries.
Il y a plusieurs générations par an (le cycle biologique dure 15 à 47 jours selon les températures).


Dégâts :
Après dépôt des œufs par les adultes à la face inférieure des jeunes feuilles, les jeunes larves pénètrent sous la cuticule et se nourrissent à partir des cellules du parenchyme qu'elles perforent grâce à leurs crochets mandibulaires. Ces larves progressent de manière sinueuse et laissent une traînée sombre d'excréments dans la galerie larvaire.

Détail de la mine et la chenille de Phyllocnistis citrella
(David Paulaud).
 En fin d'évolution, le stade chrysalide se déroule à proximité de la bordure du limbe qui est replié sur lui même. Les zones attaquées présentent des reflets argentés résultant de la pénétration de l'air sous la cuticule puis jaunissent et se dessèchent.

Lutte
L'usage d'une seule technique de lutte, a montré qu'il est difficile, voire impossible de bien le contrôler efficacement.

Une fertilisation azotée et une taille concentrées, lorsque cela est possible en fin d’hiver, dont le but d'avoir une pousse massive au début du printemps. En effet, cette pousse échappe en grande partie aux attaques de la mineuse.

Le prédateur ageniaspis citricola est bien acclimatée dans plusieurs pays et elle remplit son rôle avec efficacité (taux de parasitisme jusqu’aux 80 %). Cette opération a permis de supprimer d’indispensables traitements en jeunes vergers ou en pépinières, tout en préservant la biodiversité.

L’utilisation au moment opportun des insecticides sélectifs, pour chacune des pousses d’été et d’automne, est une garantie pour assurer une bonne protection pour les jeunes plantations, et les arbres jeunes en production.
Très souvent, des applications répétées sont nécessaires pour assurer une protection prolongée, car peu de produits homologués garantissent plus de 10 à 14 jours de protection par voie foliaire.


En savoir plus :
Christian MILLE et François MADEMBA-SY, mai 2004 : « Lutte biologique contre la Mineuse des Agrumes » Institut Agronomique néo-Calédonien

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...