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jeudi 22 novembre 2012

Fusariose des agrumes : pourriture des racines sèches

Description :
Le nom Fusarium est donné à un genre de champignons imparfaits (Deuteromycètes), qui comprend plus de 100 espèces.
Le genre Fusarium tire son nom du latin fusus car ses spores sont en forme de fuseau.
A l’heure actuelle nous utilisons principalement un classement dérivé de celui de Nelson et al. (1983) lesquels regroupent les Fusarium dans 15 sections, dans chaque section on trouve aux moins une espèces.
L’espèce  Fusarium solani est toujours associée à la maladie de la pourriture sèche des agrumes. Toutefois, d’autres espèces telles le F. oxysporum et le F. proliferatum sont aussi observées dans la rhizosphère et dans les tissus infectés des agrumes.
La reproduction asexuée est assurée par la formation de conidies qui sont disséminées passivement (eaux de pluies, outils de taille mal désinfectés, ...) Ce stade est présent dans le sol, il est saprophyte (il se retrouve fréquemment dans les tissus végétaux morts). Ce stade peut former des spores hivernantes ou chlamydospores qui peuvent rester viables pendant des années.

Dégâts :
Fusarium solani est un champignon du sol qui provoque selon la plante infestée un dépérissement racinaire, la formation de chancres mous brun foncé à noirs sur les tiges, soit au niveau des nœuds soit au niveaux de plaies. Une section transversale de la tige montre au cœur une tâche noire qui peut s'étendre sur une grande longueur. A des stades avancés, il peut apparaître sur les zones de chancre de minuscules structures orangées ou brun clair : les périthèces (fructifications du champignon) ou un mycélium blanc.

Racine fibreuse due à Fusarium solani infection (à gauche),
racines saines (à droite).

Taché Écorce de couleur sombre après
Fusarium solani infection
Ces chancres au niveau des tiges perturbent la circulation de la sève et entraînent le flétrissement des organes touchés ou le flétrissement complet de l'individu.

Flétrissement et le dépérissement des rameaux en raison
 de la maladie de la pourriture des racines sèches
Sur fruits, les symptômes peuvent être la présence au niveau du calice de tâches aqueuses noires ou bien le développement de mycéliums dans le fruit.

Lutte:
Fusarium solani est un champignon du sol. Lorsque les plantes sont atteintes, il faut enlever l'intégralité de la plante et de son système racinaire pour ne pas laisser de tissus végétaux contaminés dans le sol et brûler le tout. Des produits de désinfection des sols peuvent être appliqués mais sans certitudes d'une désinfection totale.
Après élimination des plants atteints, il convient de ne pas replanter le même type de plante.




En savoir plus :
Internet : Généralités sur le genre Fusarium
Fredon Corse : Fusarium Solani
Source photo: Mediterranean Agronomic Institute-Bari : IPM-Lab


vendredi 16 novembre 2012

Phytophthora spp : Gommose parasitaire des agrumes


Biologie de Phytophthora spp.

Sont principalement Phytophthora citrophthora Léonian et Phytophthora parasitica Dastur les champignons respensables de cette maladie. Les formes de conservation sont des chlamidospores qui contiennent l’inoculum primaire. La germination de ces spores est induite par une humidité du sol importante et durable (période pluvieuse, irrigation excessive, mauvais drainage...) associée à des températures élevées (30-32°C). Les chlamidospores germent et produisent un sac, ou sporangium, renfermant plus de 50 zoospores. Ces dernières, qui peuvent nager sur une courte distance, sont attirées par chimiotactisme vers les jeunes racines.

De la même façon, les zoospores se trouvant à la surface du sol peuvent être projetées sur le tronc, les branches ou les fruits. Phytophthora spp peut pénétrer directement dans les tissus non lignifiés. Il lui est impossible de traverser directement les tissus lignifiés. Pour cela, une voie de pénétration telle qu’une blessure, une cicatrice florale, ou une fissuration de l’écorce est nécessaire. A partir de ces explications, il est aisé de comprendre que les maladies à Phytophthora spp s’intensifient après une période pluvieuse prolongée, avec des températures élevées (28-32°C), et ce plus particulièrement dans des sols ressuyant mal, mal drainés et/ou excessivement irrigués. La période entre juillet et décembre est très favorable à une recrudescence des maladies à Phytophthora.

Symptômes de la gommose du bois à Phytophthora

Les symptômes de cette maladie se trouvent localisés principalement sur le tronc: au collet chez les arbres francs; juste au dessus du point de greffe chez les arbres greffés. L'attaque se manifeste d'abord par une coloration foncée et partielle de l'écorce; cette dernière se craquelle, se dessèche progressivement, se détache et tombe en écailles, en laissant le bois découvert. La gomme souvent abondante apparaît sur la partie atteinte.

Symptômes de la gommose du bois à Phytophthora

(source)


  
L'écorce peut être affectée d'un côté seulement, mais elle peut aussi être complètement encerclée; dans ce dernier cas, la circulation de la sève est arrêtée, ce qui entraîne le dépérissement de l'arbre. Contrairement à la psorose écailleuse, la gommose parasitaire détruit l'écorce tout entière, en profondeur, y compris le cambium.
L'arrêt de circulation de la sève se répercute sur la frondaison. Si l'attaque est partielle, la branche se trouvant à côté des lésions sur le tronc meurent rapidement. Ses feuilles jaunissent, ses rameaux se dessèchent. Les arbres affectés produisent beaucoup moins et la qualité des fruits est moins bonne.

Les espèces cultivées les plus sensibles sont les citrons, les cédrats, les limettes et la clémentine; l'orange l'est moyennement; les mandarines sont peu sensibles; la bigarade, le poncirus sont par contre très résistants.

Lutte :

Lutte préventive : Ce sont des méthodes indirectes de lutte à entreprendre pour éviter de favoriser le développement de la maladie:
Ne pas utiliser de plants non greffés pour les nouvelles plantations et pour les arbres à remplacer. Eviter également d'employer des porte greffes sensibles au phytophthora ;
Pratiquer le greffage haut, pour protéger le greffon des contaminations; éviter de planter profondément de telle sorte que le point de greffe soit suffisamment au dessus du sol ;
Eviter de planter des agrumes dans les bas fonds;  étudier le drainage à faire dans les sols argileux ;
Désherber régulièrement les rangs: une végétation abondante maintient une humidité favorable au champignon ;

Lutte curative : Dans les zones à risques, des applications de fongicides systémiques tels que le Fosétyl-Al (Aliette - 250 g m.a /hl), peuvent être effectuées deux à trois fois par an au moment des flushes (pour que le produit soit absorbé). Il faut tout de même savoir que des traitements curatifs ne sont efficaces que si la maladie est détectée précocement. La protection doit être renforcé pendant les périodes pluvieuses.
On peut faire recours à un curetage des plaies jusqu'au bois imprégné de gomme reconnaissable à sa couleur jaune paille. Cette méthode peut donner des résultats uniquement dans le cas d'une affection partielle du tronc. Si l'attaque est très avancée, il est préférable d'arracher l'arbre.


En savoir plus :
Carib Fruits : phytophthora spp
« La protection phytosanitaire des agrumes » document élaboré par  CIBA-GEIGY SA, Bâle, suisse 

mercredi 26 septembre 2012

Phoma tracheiphila : Mal secco

L’agent causal de cette maladie vasculaire est le champignon Phoma tracheiphila.  Il existe deux autres formes de la maladie : le « mal fulminant » qui entraîne une mort rapide l'arbre après infection du système racinaire et le « mal nero » qui est une infection chronique du bois.
Le principal hôte du Mal secco est le citronnier mais le champignon a aussi été décrit sur d’autres espèces d’agrumes. L’oranger, le clémentinier et le mandarinier sont plus rarement affectés par le champignon que le citronnier.
Il existe des variétés de citronniers tolérantes au Mal secco telles que Monachello mais leur productivité est réduite.

Biologie :
Maladie cryptogamique qui touche les tissus conducteurs et entrave la circulation de la sève. La maladie pénètre dans la plante au niveau des blessures (probablement pas par les stomates). L'infection se fait par des conidies produites notamment par des pycnides au niveau des brindilles flétries. Ces conidies sont véhiculées par l'eau. L'infection aurait lieu pour des températures comprises entre 14 et 28°C. La croissance du champignon dans la plante et l'expression des symptômes ont lieu pour des températures optimales comprises entre 20 et 25°C. Au delà de 30°C, le mycélium cesse de se développer.
Dans la région méditerranéenne, les périodes d'infection dépendent des conditions climatiques. Le champignon peut survivre au sol dans les bois de taille pendant plus de 4 mois.

Dégâts :
Les symptômes apparaissent au printemps avec la décoloration des nervures des feuilles et des pousses puis la chute des feuilles et la mort des rameaux et des branches.
Chute des feuilles et mort des rameaux
La maladie peut progresser plus ou moins rapidement, de quelques mois à plusieurs années. L’infection peut être foliaire ou racinaire. Il n’est pas rare de voir les arbres atteints ré-émettre de nouvelles pousses sur les rameaux touchés et à la base du tronc.
Souvent, un rameau apical est premièrement touché puis les symptômes progressent à toute une charpentière, puis à l’arbre entier qui finit par mourir.
En sectionnant les rameaux et en épluchant l’écorce, on observe une coloration orangée typique au niveau du bois, qui correspond à l’invasion du champignon dans le système vasculaire. Sur les bois plus secs, cette coloration de vaisseaux devient noirâtre.
Coloration orangée typique au niveau du bois
Lutte :
Il n’existe aucun moyen de lutte chimique ou biologique homologué contre ce champignon. La prophylaxie est donc indispensable pour prévenir et freiner la progression de la maladie.
Mesures prophylactiques :
Plantation :
- Choisir des plants de pépinières en zones indemnes de Mal secco.
- Sélectionner des variétés tolérantes à la maladie lorsque cela est possible
Entretien du verger et Taille :
- Désinfecter les outils de taille entre chaque arbre !
- Préférer la javel pure à l’alcool et à la flamme. Laisser impérativement tremper les outils pendant au moins une bonne minute.
- Organiser le chantier de taille avec plusieurs outils pour pouvoir respecter ce principe de désinfection.
- Eviter de tailler les jours couverts et pluvieux. Ne pas travailler le sol en fin d’automne/début d’hiver et en périodes pluvieuses.
Action sur les vergers où la présence de Mal secco est détectée :
- Eliminer les parties atteintes par la taille en revenant sur un bois indemne de coloration. Selon l’ampleur de l’infection, il faut parfois rabattre toute un charpentière.
- Arracher les arbres dont l’infection est généralisée. Eliminer l’ensemble des racines.
- Brûler les bois atteints, y compris les souches.
- Dans les vergers infectés, le champignon peut rester infectieux jusqu’à un an. Replanter des plants sensibles dans un verger auparavant contaminé n’est pas conseillé.


En savoir plus :
Fiche mal secco
Fredon Corse: Mal secco Deuterophoma tracheiphila

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